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Des hauts et des bas

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integral
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Emploi/loisirs : Moto
Humeur : comme l'ETNA

MessageSujet: Des hauts et des bas   Jeu 10 Jan - 3:16

A mesure que la
FFMC gagne ses combats, la mobilisation baisse. Puis, elle remobilise
en devenant moteur dans la création du mouvement européen des motards



Vignette fiscale abolie, réforme des
permis mis en oeuvre, tarifs des péages réduits de 40%, … Plus le
contexte s’avère favorable à la pratique de la moto et moins les appels
de la FFMC trouvent d’écho auprès des motards.


La lutte s’organise autour d’idées plus
complexes et moins évidentes pour tout le monde : amélioration de la
sécurité et des infrastructures routières, opposition à l’augmentation
de la taxe sur les assurances (qui passe de 18,6% à 34,5%),
autorisation de rouler en phare blanc (alors que la France reste
indécrottablement attachée au jaune), boycott de la vignette
d’assurance …


A la fin des années 80, les forces
vives s’épuisent, nombreux sont ceux qui sont démobilisés. Lassés par
l’attitude parfois extrême des leaders, les luttes intestines
phagocytant les assises, et désappointés par les passages difficiles de
la mutuelle, les motards se détournent ostensiblement de la FFMC.


Alors qu’ils étaient près d’un millier
à se retrouver au rendez-vous des assises, ils ne sont qu’à peine une
centaine à l’aube des années 90. Les grands projets sont au point mort,
et le discours prend une tonalité que d’aucun considèrent populiste et
démagogique. Le conflit ouvert avec les hebdos moto n’est pas du goût
des motards, qui y voient d’abord une volonté d’hégémonie.



Mais
la répression gouvernementale se fait soudain plus insistante et le
"nouvel ordre moral" se profile. Un nouveau type de motards s’approprie
la rue, avec la bénédiction du ministère de l’intérieur : il s’agit de
la brigade des voltigeurs qui se fait sinistrement remarquer en
croisant le chemin de Malik Oussekine.


Pendant que les banderoles de "Touche
pas à mon pote" clament que "La France, c’est comme une mob, pour
avancer il lui faut du mélange", la FFMC prépare elle aussi son
mélange : l’Europe des motards.


Le 25 juin 1988 est organisée la
première manifestation européenne à Strasbourg qui donne naissance à la
FEM (Fédération Européenne des Motards, aujourd’hui FEMA). Le front
commun des motards prend forme.


De son côté, la DSCR s’illustre par des
actions "poudre aux yeux" à la portée anecdotique (les préfets
s’installent sur le bord des routes pour sermonner les
infractionnistes). Dans l’ombre, des projets beaucoup plus pernicieux
pointent le coin de leur dossier : délit de très grande vitesse, permis
à points, …

L’ancrage





Parallèlement, les motards évoluent,
leurs aspirations sont différentes, ils roulent beaucoup moins (de
moins en moins chaque année) et abordent plutôt la moto comme un loisir.


En luttant sans relâche contre des
mesures toujours exclusivement répressives, la FFMC s’engage dans un
processus long, difficile mais légitime. Elle gagne en notoriété et en
crédibilité pour devenir un repère incontournable, sollicitée à la fois
par les motards et par les pouvoirs publics. A l’échelon départemental,
elle est enfin reconnue après plusieurs années d’engagement au sein du
programme REAGIR.



La
longue mobilisation contre la mise en place du permis à points (remède
miracle contre l’insécurité routière, on s’en rend bien compte
aujourd’hui …) a été vaine mais aura au moins eu une vertu : réunir de
nouveau les motards dans la rue et autour de la FFMC.


Pour profiter de ce nouvel élan,
celle-ci se doit alors d’amorcer un virage capital. Au Bol d’Or 1992,
la carte d’adhérent est officiellement lancée. C’est l’un des outils
qui doit permettre à la "fédé" de passer au rapport supérieur. Son
journal, relooké et identifié "Moto Magazine", entre dans les kiosques
à partir du n° 100 (été 1993). Une autre façon de démultiplier la
portée du message.


En 1994, le premier poste de salarié
permanent à la FFMC est créé. Il s’agit d’une secrétaire permettant
d’assister le travail du bureau national, toujours exclusivement
constitué de membres bénévoles. Les manipulations de chiffres et les
projets fumeux continuent d’affluer de la DSCR. La colère regagne du
terrain et au fil des manifestations, les antennes régionales et
départementales de la FFMC se multiplient. Il s’agit donc de gérer une
double charge de travail : résister à la pression politique et réussir
à canaliser les nouvelles énergies qui rejoignent le mouvement.


Un nouveau poste de coordinateur
renforce la structure permanente, suivi de prêt par un secrétariat de
trésorerie. Désormais, la FFMC a les moyens de s’engager durablement
sur un dossier (ex : la TVA sur les équipements de sécurité, la
problématique des téléphones portables au volant, la taxe sur les
carburants). Finis les feux de paille et la politique de la chaise
vide. La mise en place de commissions juridiques donne encore de
nouveaux outils aux motards en colère.
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