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 Inscrit le : 23 Juil 2007 Messages : 153 Localisation : Strasbourg Emploi/loisirs : Moto Humeur : comme l'ETNA
| Sujet: ERREUR D'APPRECIATION Jeu 10 Jan - 3:05 | |
| En désignant le motard comme principal bouc émissaire de l’hécatombe routière, les élus et hauts fonctionnaires de l’époque agitent l’épouvantail sans froisser l’électorat de la majorité en place. Ils ne s’attendent pas à déclencher la tourmente, et encore moins à faire descendre quiconque dans la rue.
Christian Gérondeau est alors délégué à la Sécurité Routière et à ce titre investi d’une mission irréaliste : faire diminuer de 13000 à 10000 le nombre de victimes de la route en un an. Il faudra plus de dix ans pour atteindre cet objectif, et vingt ans pour s’en fixer un autre tout aussi fumeux (diviser par deux d’ici 2002 …).
Au soir de l’arrivée du Bol d’Or 1978, profitant de quelques faits divers saignants impliquant des motards de retour du Castellet, C. Gérondeau se lance à la radio dans une diatribe violemment motophobe qui met le feu au baril de poudre.
Il s’agit d’interdire purement et simplement les "grosses motos" au dessus de 750 cm3, et de limiter l’accès à la moto par tous les moyens, notamment un accroissement de la pression fiscale et l’instauration d’un "super permis" très sélectif.
Dans la "société libérale avancée" des années Giscard, les conflits de génération sont loin d’être enterrés. Crasseux, chevelu, marginal et grognon, le motard semble un excellent exutoire pour défouler les tensions accumulées face à la vague "beatnick-baba" qui secoue la vieille France depuis dix ans (1968).
Or, c’est principalement parmi les motards que se sont réfugiés les plus fervents défenseurs de la "liberté". Prompts à s’opposer à toute forme de dogme, ils ont activement participé aux grandes luttes anti-nucléaires de l’époque (Plogoff et Goldfech, mise à l’eau à Cherbourg du cargo de fret de déchets "Pacific Fisher", etc …). ceux qui ont un emploi sont souvent engagés syndicalement, et les autres n’ont pas l’habitude de s’en laisser compter.
En cinq minutes, C. Gérondeau venait de s’attirer toute leur antipathie. |
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